PS Le Chesnay-Rocquencourt

Levons-nous pour toutes les femmes du monde, il y a URGENCE !

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Voici une tribune cosignée par par Sihem HABCHI, présidente de Ni Putes ni Soumises et Lubna AL-HUSSEIN, auteure de Quarante coups de fouet pour un pantalon (Plon, novembre 2008), paru sur le site Internet du Nouvel Observateur.

En 2010, la lutte contre les violences faites aux femmes sera la “cause nationale” en France. Elle sera une priorité dans notre pays.
Il serait bien sûr illusoire, de penser, d’espérer que dans douze mois, soit 365 jours plus aucune femme ne sera plus battue,violentée, violée ou brûlée dans ce pays. Mais saluons une telle initiative qui intervient au moment où nous assistons à une nette régression de la condition des femmes en France, comme dans d’autres pays du monde.
La situation des femmes en France n’est pas comparable avec ce qu’elles subissent au Soudan.
En France, des lois garantissent-théoriquement- l’égalité des hommes et des femmes. Alors qu’au Soudan, les femmes sont victimes de la loi. Une loi inique, qui se prétend la charia, qui en fait est forgée par des individus exploitant la religion pour asservir la société.
Au Soudan, l’article 152 du code pénal interdit aux femmes de porter des “tenues indécentes” tel qu’un pantalon.

Rien qu’en 2008, à Khartoum, d’après les chiffres donnés par le chef de la police locale, 43 000 femmes ont été arrêtées pour des questions vestimentaires, la plupart ont été fouettées, les autres condamnées à une amende ou à la prison.
Il n’y a rien de tel en France ! direz-vous. Rien dans la loi, certes.
Mais comment qualifier le code machiste, sexiste, qui régit nos “quartiers ghettos” ?
Ce code officieux mais réel qui, comme au Soudan, interdit aux femmes de se vêtir comme elles le souhaitent, de se comporter à leur guise, sous peine de sanctions. En France, parce qu’elles portent un pantalon jugé trop serré ou une jupe dévoilant quelques centimètres de jambes, des femmes sont agressées, elles aussi. Certaines le sont, en ce moment, parce qu’elles refusent de se voiler. D’autres le seront peut-être, demain, parce qu’elles refuseront le nikab, ce voile intégral qui cache la face, ce voile imposé au nom de la religion qui n’a rien de religieux –le nikab est interdit au sanctuaire de la Mecque, pourtant la “maison d’Allah” !
La loi soudanaise ne protège pas les femmes. Au contraire, elles les sanctionne.
La République française protège les femmes. Encore faut-il mettre en œuvre un dispositif pour que les femmes connaissent leurs droits, qu’elles se placent sous sa protection. Cela n’est malheureusement pas toujours le cas.

Au Soudan, un mouvement issu de la société civile a émergé l’été dernier, décidé à se battre contre les lois, y compris les lois qui font violence aux femmes.
En France, la société a dormi des années sur ses lauriers, se persuadant que le combat pour les femmes était une histoire terminée, classée. Allant jusqu’à clamer que le “féminisme d’urgence”, celui qui consiste, à informer les femmes de leurs droits, n’a plus lieu d’être.
Or, non seulement la bataille est loin d’être gagnée, mais force est de reconnaître que nous y avons perdu quelques manches. Nous les avons perdues quand, au Soudan, en France et dans le reste du monde, les politiques ont tendu la main aux intégristes, par peur, par non-connaissance, ou par complaisance, ils ont fermé les yeux quand ces intégristes ont confisqué le corps des femmes. Nous perdons d’autres manches quand les politiques, rectifiant maladroitement leur tir, se rapprochent de l’extrême-droite. Nous, c’est-à-dire les femmes et les hommes qui nous battons pour “une nouvelle vision du progrès” dans laquelle nous n’incluons que des banalités : l’égalité entre les sexes, le respect des Droits de l’Homme, le maintien de la mixité dans l’espace public, le droit à la liberté d’expression, et même à la visibilité.
Exactement ce que nous sommes sur le point de perdre, si nous ne nous mobilisons pas maintenant !
Mobilisons-nous, agissons quotidiennement ! Il y a URGENCE, avant que ce ne soit trop tard.
Vous ne pourrez pas dire “Je ne savais pas… “


Les 11 et 12 décembre, Ni Putes ni Soumises tiendra son université populaire à Sciences Po, à Paris : s’opposer à la burqa avec Lubna Al Hussein, Elisabeth Badinter, Amal Basha (Yemen), Giulana Sgrena (Italie)…

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